Le contexte de Matthieu 16.18 est crucial pour comprendre la propriété de l’Église. Alors que Jésus interroge ses disciples à Césarée de Philippe – « Qui dites-vous que je suis ? » (v. 15) – Pierre répond avec une confession inspirée : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant » (v. 16). Cette déclaration devient le fondement de la promesse de Jésus : « Tu es Pierre, et sur ce roc je bâtirai mon Église, et les portes du séjour des morts ne prévaudront point contre elle » (v. 18). Ce verset, souvent débattu, contient des vérités essentielles sur la nature et la propriété de l’Église.
Tout d’abord, l’expression « mon Église » est une revendication claire de la part de Jésus. Le pronom possessif « mon » indique que l’Église n’appartient ni à Pierre, ni aux apôtres, ni à aucun leader humain, mais à Christ seul. L’Église n’est pas une institution que l’homme peut posséder ou façonner à sa guise ; elle est une réalité divine, intimement liée à la personne et à l’autorité de Jésus. Cette vérité est renforcée par le fait que Jésus parle au futur – « je bâtirai » – soulignant que l’Église est son projet, initié et soutenu par sa puissance.
Ensuite, le terme « roc » a fait l’objet de nombreuses interprétations. Certains y voient Pierre lui-même, d’autres la confession de sa foi, ou encore Christ en tant que fondement ultime (1 Corinthiens 3.11). Sans entrer dans un débat exégétique exhaustif, il est clair que le roc désigne la vérité révélée de la divinité de Christ, confessée par Pierre sous l’inspiration du Saint-Esprit (v. 17). L’Église repose donc sur Christ, non sur la personnalité ou l’autorité d’un homme. Tout leader qui chercherait à se substituer à ce fondement s’écarte du plan divin.
Enfin, la promesse que « les portes du séjour des morts ne prévaudront point » souligne l’invincibilité de l’Église. Cette assurance ne repose pas sur la sagesse ou la force humaine, mais sur la souveraineté de Christ.
Une Église locale qui reconnaît Jésus comme Propriétaire est protégée contre les assauts spirituels, car elle s’appuie sur sa puissance. En revanche, lorsque l’homme s’approprie l’Église, il la rend vulnérable, car aucun leader humain ne peut rivaliser avec la force de Christ.
Pour illustrer, imaginons un architecte qui construirait une maison en prétendant en être le propriétaire, alors qu’il n’est qu’un ouvrier engagé par le véritable maître d’ouvrage. De la même manière, un pasteur qui traite l’Église comme « sa » création outrepasse son rôle. Matthieu 16.18 nous rappelle que l’Église est l’œuvre exclusive de Christ, et que toute tentative de s’en attribuer la propriété est une forme d’usurpation spirituelle.

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